Luma Arles : pourquoi il faut absolument y aller

Autour du bâtiment iconique dessiné par Frank O. Gehry qui ouvre le 26 juin prochain, Luma Arles offre sur le site du Parc des Ateliers un forum moderne à la cité antique. Et un foyer inépuisable de questionnements réparti dans plusieurs édifices réhabilités. On y va pour flâner, apprendre, réfléchir et se laisser surprendre.

Une architecture audacieuse

Phare ? Arbre métallique ? Navire égaré ? Le bâtiment-sculpture imaginé par Frank O. Gehry élève quatre tours aux facettes ondulantes et argentées soutenues par une colonne vertébrale couleur pierre. L’architecte américain s’inspire des falaises des Alpilles, des rochers fantasmagoriques des Baux-de-Provence et du pinceau de Van Gogh. Les briques d’acier inoxydables doivent capter les variations de la lumière. Des failles vitrées relient les différents niveaux. Et la rotonde en verre de 54 m de diamètre coiffant le rez-de-chaussée rappelle les Arènes d’Arles, un des plus beaux sites romains de France. Autour de ce nouvel édifice déjà iconique, six autres édifices se répondent au sein du projet Luma Arles dont certains avaient déjà ouvert avant même l’achèvement du projet.

Un point de vue renouvelé sur Arles

Suspendue au neuvième étage, la terrasse offrira dès l’ouverture un panorama remarquable sur la vieille ville épousant le méandre du Rhône, la Camargue et la plaine de la Crau, les Alpilles et même l’abbaye de Montmajour. Haut de 56 mètres, le Bâtiment Ressource dessiné par Frank Gehry propose également des galeries pour des projets in situ, des salles pour le programme d’archives vivantes de Luma Arles, les colloques et les groupes de travail et des espaces d’exposition taillés pour accueillir des événements d’envergure internationale.

Des expos ultra pointues

Créée en 2004, la Fondation Luma soutient la création artistique dans le domaine des arts visuels, encourageant les projets liés à l’environnement, la culture, l’éducation, la recherche et les droits humains, thématiques chères à Maja Hoffman, son inspiratrice. Depuis son lancement en 2013, Luma Arles a commandité et présenté les projets de plus d’une centaine d’artistes dans plusieurs lieux de la cité dont le site du parc des Ateliers. Dans l’ombre de la tour, six bâtiments industriels ont été réhabilités : la Grande Halle, Les Forges, ou encore La Mécanique Générale dédiés aux expositions, La Formation pour les résidences d’artistes liées au spectacle vivant et le Médico-Social à la fois résidence d’artistes et maison d’hôtes. Ils ont pour vocation d’accueillir le public autour d’événements toute l’année et en particulier l’été pendant les Rencontres de la Photographie.

Un projet éco-responsable

Une tour certes, mais éco-responsable ! Luma Arles se veut un lieu vivant tissant des liens entre culture et environnement, d’où une architecture bio-climatique inspirée par le mistral et le soleil provençaux. Certains bâtiments du parc des Ateliers ont été conçus de façon à être naturellement ventilés et une technologie solaire passive se charge d’emmagasiner la chaleur dans la rotonde de la tour Luma. Pour minimiser un peu plus la consommation d’énergie et d’eau, plus de 2 000 panneaux solaires ont été installés et l’eau de pluie est récupérée.

Un parc inspiré par les forces de la nature

Un univers d’une dureté minérale où seuls quelques coquelicots avaient pris racine… Quand il a visité le site pour la première fois, Bas Smets, l’architecte de paysages en charge des jardins, a été fasciné par cette force inouïe du végétal pour conquérir le béton. Il s’en est donc inspiré pour imaginer un parc conçu "comme s’il avait été créé par les forces de la nature" à l’image des paysages de la région, Alpilles, Camargue ou plaine de la Crau, façonnés par l’eau, le vent et le soleil. Une nouvelle topographie s’est dessinée avec dunes plantées d’arbres et de plantes de la région, filaires, chênes verts, pistachiers ou pins parasols, et étang relié au canal de Craponne. Le rêve de Bas Smets ? Que parmi les visiteurs, s’y posent aussi les oiseaux migrateurs de Camargue...

Un phare pour la Photographie

Au pied du bâtiment de Frank O. Gehry, un autre fleuron de l’architecture prend la pose : l'Ecole Nationale Supérieure de la Photographie. Avec sa toiture plate en porte-à-faux longue de 120 m et ses salles d’exposition transparentes, l’architecte Marc Barani signe un bâtiment digne d’une longue contemplation. Et les photographes y trouveront un modèle de plus à saisir avec leur objectif. On en attendait pas moins pour une ville s’imposant, depuis la création en 1969 des Rencontres d'Arles, comme un phare mondial de la photographie.

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