Le Canada dans la Première Guerre mondiale

L'entrée en guerre

Le Canada, de par ses liens avec la Grande-Bretagne, entre dans le conflit de 14-18, lorsque cette dernière déclare la guerre à l'Allemagne. Bien qu'obligé de participer à la guerre, il revient au Canada de définir sa contribution.

La majorité des Canadiens approuvent alors cette décision se rangeant derrière Robert Borden, premier ministre de l'époque. La situation de détériora en 1917 lors de l'adoption, par le gouvernement de Robert Borden, de la Loi sur le service militaire obligatoire, qui provoquera de violentes protestations dans tout le Canada, particulièrement au Québec qui y verra un assujettissement à la Grande-Bretagne. À l'époque le Canada compte une population de moins de 8 millions de personnes ; à la fin de la guerre, on dénombrera 619 000 Canadiens enrôlés, soit 7% de la population totale !

Lors de la déclaration de guerre, le Canada dispose de faibles moyens : un peu plus de 3 000 hommes composent son armée et la marine est quasi inexistante. Pourtant ce sont 32 000 volontaires qui viendront jusqu'à Valcartier, près de Québec, pour s'entraîner et se préparer. Le premier contingent part à l'octobre 1914, accompagné de 3 000 Canadiennes appartenant au Corps médical canadien. Ils iront d'abord s'entraîner en Grande-Bretagne avant de rejoindre la France en 1915.

Sur le front

C'est à Neuve-Chapelle que les Canadiens entreront en contact, pour la première fois, avec les ennemis. Leur rôle est alors d'empêcher les forces allemandes de se renforcer, afin que, dans un second temps, la 1ère Armée britannique creuse une brèche dans le front allemand.

  • La deuxième bataille d'Ypres

Le premier grand engagement des Canadiens sera la deuxième bataille d'Ypres. Engagés dans la bataille de Russie, les Allemands, sur le front occidental, jouent un rôle défensif, se contentant d'attaques locales lorsque les conditions leurs sont favorables. Mais ces derniers ont une nouvelle arme à tester : le chlore gazeux.

Ypres est alors la dernière ville belge aux mains des Alliés, elle permet de protéger les ports français de la Manche : conserver la ville est une nécessité pour les Alliés.

Le 22 avril 1915, les Allemands lancent leurs gaz sur les Français, placés à gauche des Canadiens, qui battent en retraite lorsqu'ils ne sont pas étouffés ou brûlés. Cette attaque laisse un trou béant dans la ligne alliée que les Canadiens vont tenter de boucher. Pendant trois jours, ils combattent avec ténacité pour défendre leur position, pourtant exposée. Mais ils subiront eux aussi, une attaque directe au gaz et perdirent lentement du terrain.

Environ 6 000 hommes disparaitront dans cette bataille qui donnera aux soldats une réputation de troupes endurantes et fiables : leur résistance aura donné aux Britanniques le temps de monter à l'assaut.

  • La bataille de la Somme

En 1916, dès le mois de février, la bataille de Verdun fait rage. Elle sera la bataille la plus longue de cette guerre et apparaîtra comme une des plus inhumaines auxquelles l'homme s'est livré : dominée par l'artillerie, elle laissera à ces derniers le rôle d'y survivre dans les pires conditions. Les Alliés décident alors, pour alléger la pression des troupes de Verdun, de lancer, en juillet, la bataille de la Somme. Elle se révèlera plus meurtrière encore : plus de 600 000 hommes y trouvent la mort.

Lors de cette bataille, les Canadiens, revenus d'Ypres, avaient pour mission d'assurer la sécurité du village de Courcelette. Ces derniers bénéficiaient alors de deux innovations tactiques : un barrage d'artillerie roulant et le premier emploi de chars de combat. Bien que très lents, ils effrayèrent les Allemands qui se rendirent à leur vue.

Jusqu'en novembre, attaques et contre-attaques s'enchaînent, laissant les trois divisions du Corps canadien meurtries par la perte de 24 000 hommes tout au long de la bataille.

  • La bataille de la crête de Vimy

La crête de Vimy joue un rôle important : elle est le seul relief significatif de la région, permettant à celui que la contrôle d'avoir une vue sur les alentours. Forts de leurs expériences et des leçons tirées de la Bataille de la Somme, les Canadiens, ce matin du 9 avril 1917, se lancent à l'assaut de la crête qui tombera dans leurs mains le 12 avril.

La victoire de Vimy fut un élément fondateur pour le Canada, beaucoup y voyant un événement important dans l'évolution du Canada vers l'indépendance complète par rapport à la Grande-Bretagne. Ce fût là que, pour la première fois, les 4 divisions du Corps canadien se battirent ensemble et seules.

  • 1918 : les cents jours du Canada

De leur arrivée en 1915 à l'année 1918, au fil des victoires citées plus haut, les soldats canadiens se sont forgés une réputation de meilleure force offensive des troupes alliées sur le front occidental. C'est donc de façon logique que, au moment de planifier leurs offensives, les Alliés choisirent les Canadiens pour mener les attaques.

Cette réputation avait d'ailleurs traversé les tranchées : leur seule présence renseignait l'ennemi d'une attaque imminente ! Trompant leur ennemi en les envoyant d'abord au nord puis en les rapatriant à la hâte à Amiens, les Canadiens réussirent leur offensive dans la région d'Amiens. Ce fut un tel succès que le haut commandant allemand désignat le 8 août comme « jour de deuil de l’armée allemande ».

Ils furent ensuite envoyé dans le secteur d'arras oà ils percèrent la ligne Drocourt-Quéant, placée devant la ligne Hindenbrug, principale ligne de défense de l'ennemi. Ils s'attaquèrent ensuite, victorieusement, au canal du Nord puis participèrent à la bataille de Cambrai. Après avoir atteint le canal de la Sensée, le Corps canadien se sépara. Les divisions continuèrent de combattre car si l'armée allemande battait en retraite, les allemands résistaient toujours.

La fin de la guerre

Début novembre, elles contribuèrent à la prise de Mont-Houy et de Valenciennes. Les Alliés anéantirent la résistance allemande et l’on signa enfin l’Armistice le 11 novembre 1918.

Les Canadiens se sont battus jusqu’à la toute fin de la guerre. Le dernier Canadien à perdre la vie au front était le Soldat George Lawrence Price qui, tragiquement, a été tué seulement deux minutes avant la fin officielle des combats. Ce jour-là, les militaires canadiens se trouvaient à Mons, en Belgique, un lieu d’une grande valeur symbolique, car c’est là que l’armée britannique engagea sa première grande bataille contre l’envahisseur allemand à l’été 1914.

Les succès remportés par le Corps canadien du 8 août au 11 novembre sont exceptionnels : plus de 100 000 Canadiens ont avancé sur 130 km et capturé environ 32 000 prisonniers, et saisi près de 3 800 pièces d’artillerie, mitrailleuses et mortiers.

Le Canada, par ses réalisations, avait mérité, tant au pays que dans le reste du monde, le respect et la reconnaissance – en 1919, il était devenu un pays indépendant à part entière. Cette nouvelle réputation lui a valu le droit d’apposer sa propre signature au Traité de Versailles, signé le 26 juin 1919, qui mettait officiellement un terme à la Première Guerre mondiale.

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