Trésors polynésiens

Trésors polynésiens pf

Vanille, paréo et perle noire : partons à la découverte de ces trois symboles indissociables de la douceur de vivre en Polynésie Française.

Embarquement immédiat pour l'île de Raiatea, dans les îles sous le vents !

Douce Vanille

À Raiatea et Taha’a, 500 producteurs cultivent l’une des meilleures vanilles du monde.

La vanille a été introduite dans les îles de Polynésie française en 1849.

Cette variété d’orchidée ne serait qu’une banale liane si un «entremetteur » ne mariait pas à la main les éléments mâle et femelle de chaque fleur éclose. De cette fleur fécondée naît une gousse neuf mois plus tard. Les gousses sont cueillies à maturité, lorsqu’elles deviennent d’un vert brunâtre, entre avril et juin.

Ensuite, les chanceuses se dorent la pilule pendant trois mois pour perdre 60 % de leur eau et brunir, mais sans se dessécher. C’est la préparation minutieuse des gousses, leur séchage quotidien du lever du soleil à midi, le massage pour bien répartir les grains qui fait toute la qualité du produit fini. Il faut même un diplôme pour préparer et bichonner la vanille qui nécessite beaucoup de patience, de soin, d’investissement de temps et d’argent.

La vanille de Tahiti a perdu beaucoup de ses producteurs depuis les années 1960, avec l’urbanisation mais aussi l’ouverture de Tahiti sur le monde, drainant avec le flux de visiteurs de nouveaux virus dont certains se sont attaqués à la plante grimpante. On produisait en Polynésie 300 tonnes de vanille en 1949, contre une dizaine de tonnes actuellement.

Il n’empêche : la vanille de Tahiti a une palette aromatique plus large que les variétés Bourbon, Fragrans ou Pompona qui en fait « la » référence auprès des meilleurs cuisiniers et fins gourmets. « Elle possède dix molécules aromatiques alors que la Fragrans n’en a que quatre », précise Maurice Wong, responsable du laboratoire de recherche sur la vanille, à Raiatea. On y retrouve de la vanilline, bien sûr, moins forte mais plus parfumée, ainsi que des alcools anisiques aux qualités digestives, favorisant la souplesse des gousses et distillant surtout des parfums plus suaves et doux que les autres vanilles.

Après cet avant-goût, à vous de découvrir maintenant les vanilleraies tahitiennes qui se visitent presque toutes.

Le paréo, un art de vivre

Le paréo n’a rien d’un folklore : il est toujours porté par les tanés (les hommes, en polynésien) comme les vahinés.

Chaque été, les paréos à motifs tropicaux qui fleurissent dans les boutiques de maillots de bain donnent envie aux pauvres nordiques que nous sommes d’aller paresser sur une plage tahitienne ! Mais en Polynésie française, le paréo ne se porte pas pour faire plaisir aux touristes : on l’aime pour le confort, le plaisir des couleurs et par tradition.

Mondialisation oblige, la grande majorité des paréos que l’on trouve en Polynésie sont fabriqués en Asie, principalement en Indonésie. Il existe pourtant encore quelques usines de tissus polynésiens.

Pas facile, cependant, de faire de la mode avec un rectangle de tissu de 1,80 m sur 1,10 m aux imprimés presque toujours exotiques ! Les artisans ne se contentent pas de reproduire des fleurs de tiarés, de frangipaniers ou d’hibiscus mais puisent aussi dans la culture traditionnelle pour inventer des graphismes originaux inspirés des tikis (statues ancestrales) ou de dessins des îles Marquises.

Autrefois, les paréos étaient imprimés manuellement avec des plaques en bois sculptées et vous pourrez encore trouver ce procédé : impressionnant !

Le trésor des lagons

La perle noire de Tahiti gagne en notoriété internationale. C’est aujourd’hui le comble du chic, de New-York à Paris !

C’est jour de récolte à la ferme perlière Vairua ; des dizaines de perles de Tahiti aux reflets irisés sont délicatement posées au fond d’un saladier de verre. Il y en a pour plusieurs centaines de milliers de dollars… La beauté d’une perle n’est pas qu’esthétique, c’est aussi tout le travail de la nature en amont qui la rend précieuse et admirable.

Ces bijoux sont forgés par le temps et par un mollusque bien spécial — l’huître pinctada margaritifera. Reste qu’il faut un coup de pouce de l’homme pour la rendre productive car il ne suffit pas de déposer une bille ronde dans l’huître — un nucleus — pour qu’elle se transforme comme par magie en perle noire au bout de 18 mois !

Il faut insérer en même temps un greffon provenant d’une huître « donneuse », un travail quasi chirurgical effectué par des greffeurs diplômés. En cicatrisant, l’huître greffée forme un petit sac perlier autour du nucleus pour l’isoler; et elle sécrète chaque jour 3 à 4 couches d’1 micron d’aragonite, c’est à dire de nacre, comme une barrière protectrice. Pour le mollusque, il ne s’agit pas de fabriquer un bijou mais de se protéger contre un corps étranger.

Une fois récupérées, les perles sont classées selon leur perfection et leurs couleurs allant du blanc irisé à la teinte « aile de mouche », la plus recherchée car elle reproduit les couleurs de l’arc-en-ciel. Mais les huîtres n’ont pas terminé leur travail après la première récolte : on y réintroduit un nouveau nucleus avant de les rattacher en chapelets et de les replonger dans le lagon. La deuxième récolte s’effectue au bout d’un an; une huître peut produire dans sa vie jusqu’à 3 ou 4 perles.

Avant d’arriver dans la vitrine de votre bijoutier, les perles noires de Tahiti ont été passées au rayon X, seul moyen de vérifier qu’elles ont au moins 0,8 mm de nacre, la norme imposée pour l’exportation. Qualité garantie !


Crédits Photos: Tahiti-tourisme.com