Ski joëring en Haute-Savoie

  • C'est plus facile que ça en a l'air !

    © Terry Ward

    C'est plus facile que ça en a l'air !

    © Terry Ward

Ski joëring en Haute-Savoie La Clusaz fr

Si vous savez skier en parallèle, alors vous êtes prêts à le faire derrière un cheval lancé au trot !

Dans toutes les Alpes françaises, cette variation scandinave du roi des sports d’hiver, le ski joëring, a gagné ses lettres de noblesse pour y devenir l’une des activités de montagne les plus excitantes et les plus... courues.

Une nouvelle façon de s’amuser est apparue  mais, à vrai dire, elle est très ancienne ! Ça s’appelle le « ski joëring ». Si vous pouvez vous imaginer faisant du ski nautique derrière un cheval plutôt qu’un bateau, et dans la neige plutôt que sur l’eau, alors vous n’êtes pas loin d’avoir saisi quelle est cette nouvelle mode qui fait fureur en montagne.

Histoire

Il s’agit d’une tradition d’origine suédoise qui remonte à 2 500 av. J.-C., alors que les habitants des contrées nordiques eurent l’idée d’utiliser à la fois leurs skis et leurs chevaux pour transporter des marchandises lorsque tout était couvert de neige.

Plus récemment, le ski joëring a pris une tournure plus ludique, voire même compétitive. Il a d’abord été un sport de démonstration aux Jeux olympiques d’hiver de 1928, à Saint-Moritz, après avoir été introduit dans la région par des Suisses et de grands amateurs de sports d’hiver d’autres nationalités.

En France, il a fallu attendre les années 1990 pour que le ski joëring gagne réellement en popularité, tant pour ce qui est de la compétition que comme divertissement. Et ces derniers temps, en Haute-Savoie, ces deux mots sont tout simplement devenus une expression synonyme de pur plaisir.

Le Ski joëring

Je suis environ à 50 kilomètres au sud de Genève, dans le village de La Clusaz, accroché tout en haut d’une belle vallée de la Haute-Savoie. Avec l’Alpe d’Huez et Chamonix, c’est l’un des rares endroits en France – et dans toute l’Europe – où l’on puisse prendre les rênes pour skier à la traîne d’un cheval des fjords scandinaves, une petite mais robuste race de chevaux des montagnes de Norvège.

Julian Fournier, un Haut-Savoyard, mon guide d’Aravis Passion, m’assure que tout ira très bien, même s’il y a des années que je n’ai plus mis les pieds sur des skis (je me suis depuis longtemps converti à la planche à neige) et même si mon expérience des chevaux se limite à des promenades en poney avec mes nièces.

« Vous n’avez qu’à garder vos skis parallèles et, lorsque vous voulez freiner, à relever fermement la barre », me dit-il. Ça paraît assez simple, alors je mets mes skis (ils doivent faire moins de 1,5 mètre de long afin de ne pas risquer de faire trébucher le cheval) et je prends position derrière mon noble destrier qui, sans doute pour me mettre en confiance, se nomme Quick.

« C’est parti ! », hurle Julien, menant la charge derrière un autre magnifique cheval, et nous nous lançons sur un chemin de neige damée, avec la chaîne des Aravis comme toile de fond et des monceaux de neige poudreuse à perte de vue.

Les chevaux passent du pas au trot, et moi je tangue dans les courbes et m’envole derrière Quick à la moindre bosse.

Lorsque le parcours se fait plus technique, Julien arrête son cheval et me donne des conseils sur la façon d’aborder la prochaine étape, dont la descente qui nous attend et que je pressens laborieuse.

J’apprends rapidement les termes français décrivant ce que nous autres, Nord-Américains, appelons le snow plow (chasse-neige).

Je suis surpris et ravi par la vitesse et l’harmonieuse douceur avec laquelle nous surfons ensuite sur la neige, par le sentiment de liberté qui m’envahit et par la confirmation que, juste en sachant tenir sur des skis, je peux me laisser tirer à la vitesse du trot derrière un si bel animal dans un si grandiose paysage.

Et pour couronner le tout, cela ne parvient même pas à me faire oublier qu’une pizza coiffée d’un demi-reblochon, ce fameux fromage local, et cuite au four à bois, m’attend à mon retour au village.

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