Délit Maille, une artiste plasticienne

Délit Maille, une artiste plasticienne

Dunkerque, Lille, le Nord, Taranto, les Pouilles et sans doute un peu Dublin, ses racines. Son parcours, celui d’une autodidacte. Pas d’école d’art, pas d’académie, pas de conservatoire, pas de diplôme. Rien de rien.

Juste depuis toujours, la jouissance infinie à raconter. D’abord par l’écriture, dans un format sans avenir, plus court que la nouvelle. Pendant des années, creuser l’écriture, les mots, pour raconter le minuscule, le dérisoire.

Un jour, tenter de tricoter le monde et d’explorer en jersey la mémoire collec-tive à l’échelle 1/12e. Se placer à distance de la comédie humaine qui se joue sur Terre et devenir observateur de ce monde, dans ce qu’il peut avoir d’ab-surde parfois.

Faire l’éponge, tout absorber. L’essentiel,le futile, le tragique et le comique.

Sans trier.

Comme assis sur le bord d’une planète lointaine, regarder les humains en bas s’agiter. Et raconter, à travers le prisme déformant du tricot.

Un jour de décembre, livide et froid, être saisi de vertige devant l’alignement des tombes des cimetières militaires. Un alignement rationnel, géométrique, esthétique, glaçant. S’approcher, zoomer au plus près de l’individu, jusqu’au nom et à l’âge gravés, minuscules, sur les stèles.

Et se dire que, dans ce fatras d’histoires dérisoires et essentielles, il y a une place pour l’Histoire.

Que le fil, comme les mots, peut - peut-être- raconter ça, le vertigineux et le minuscule.