«Le Festival OFF d’Avignon ? En un mot, la surprise !»

«Le Festival OFF d’Avignon ? En un mot, la surprise !»

Considéré comme l’une des plus importantes manifestations internationales du spectacle vivant, le Festival d’Avignon s’ouvre ce jeudi 6 juillet. Un festival que connaît bien le collectif de jeunes percussionnistes belges « AkroPercu », qui goutera cette année encore à la frénésie artistique de cet événement. Rencontre avec Max Charrue, membre du groupe.

akropercu au festival d'avignon

Pour la seconde année consécutive, vous et votre groupe AkroPercu allez vous produire au Festival Off d’Avignon. Comment vous sentez-vous ?

On est très heureux ! Il faut savoir que le Festival d’Avignon, c’est deux chose : il y a le Festival IN, qui est très vieux et qui possède sa programmation propre et puis il y a le Festival OFF, qui a été créé par des bénévoles sur le côté et qui n’a cessé de grandir. Aujourd’hui, c’est l’un des plus grands rassemblements de spectacles vivants au monde. Il y a plus de 1400 spectacles qui sont présentés, c’est énorme ! La grande différence par rapport au Festival IN, c’est que la démarche doit venir des artistes eux-mêmes, c’est de l’autoproduction. Donc quand on a su qu’on se produirait cette année au Cabaret Le Rouge-Gorge, qui est une des plus grandes salles d’Avignon, on était surexcités !

akropercu au festival d'avignon

Qu’évoque pour vous ce rendez-vous international du spectacle vivant contemporain ?

Ça évoque avant tout le métier de comédien, les arts de la scène, la danse, la musique, le théâtre, … C’est un univers auquel je n’aurais jamais imaginé avoir accès. On a appris le métier sur le tas, c’était quelque chose d’assez inaccessible pour moi au début. Il y a plein de comédiens qui rêveraient de tenter l’expérience comme nous car c’est un lieu très symbolique !

akropercu au festival d'avignon

Quel souvenir gardez-vous de votre participation au Festival Off d’Avignon l’année dernière ?

En un seul mot, la surprise ! Ce fut vraiment l’émotion dominante. Remplir sa salle est très dur, tout le monde se bat, il n’y a pas assez de public. Du coup, il fallait aller le chercher directement dans les rues d’Avignon. On faisait un extrait de notre spectacle sur la place du Palais des Papes en jouant sur des casiers de bières. On répétait le sketch entre cinq et six fois par jour. En tout, entre 5000 et 10000 personnes voyaient AkroPercu dans la rue et au théâtre, c’est fou !


Une des plus belles surprises a aussi été d’être classés 13ème sur les 1450 spectacles du festival sur l’application To see or not to see (ndlr : une application française de bouche à oreille qui permet au public d’évaluer les spectacles). Pour des petits Belges comme nous, c’était inespéré.

akropercu au festival d'avignon

Comment s’est passée la rencontre avec le public français ? Comment ont-ils réagi face votre univers décalé ?

Super bien ! Dès le début, nos salles étaient remplies au 3/4 ce qui est quasiment impossible avec si peu de notoriété donc on était très surpris. Il y a eu un énorme bouche à oreille de la part du public.


C’est peut-être aussi parce qu’on est mis en scène par un Français, qui vient du sud-ouest de la France (Kamel Benac des Poubelles Boys). Il a amené un coté plus travaillé, qui parle au public français. Nous, on amène notre âme de Belges, notre créativité, notre folie, et lui apporte sa patte française.

avignon

Comment trouvez-vous la ville d’Avignon ? Quels lieux vous ont particulièrement marqué durant votre séjour ?

Certainement la place du Palais des Papes ! C’est une place qui a une certaine âme. La couleur de la pierre, les couleurs très claires… On est vraiment dans le sud. Il y a des pavés partout, c’est un peu moyenâgeux. D’ailleurs, avec les saltimbanques et tous ces spectacles aux quatre coins de la ville, ça rappelle un peu les fêtes médiévales de l’époque. Et cette place, c’est vraiment le rendez-vous des arts de la rue. C’est l’âme d’Avignon.

Si vous deviez ne retenir qu’une anecdote de vos expériences passées à Avignon, quelle serait-elle ?

Dans le spectacle, on utilise à un moment donné une lampe. C’est une lampe LED, qu’on actionne avec une télécommande. Au bout du dixième jour de spectacle, tout allait bien, aucun souci technique. On rentre donc dans la villa où on logeait. Comme on a plusieurs costumes et qu’on se dépense beaucoup sur scène, ils sont lavés régulièrement. Mais ce soir-là, un des comédiens a oublié de retirer la lampe dans la poche de son pantalon, qui a donc été lessivée. C’est une lampe très importante pour la mise en scène, un modèle unique. Comme on n’a pas accès à nos coulisses avant le spectacle, on a dû commencer le spectacle sans savoir si cette lampe marcherait ou non. Et miracle, malgré son petit passage à l’eau, la lampe fonctionnait toujours !

festival d'avignon

Souhaiteriez-vous à l’avenir vous produire davantage en France ?

Oui, on a un diffuseur français qui prend soin de nous. Son but, c’est de nous diffuser partout dans le monde à l’avenir. Etant donné que notre spectacle est international, l’aventure en vaut la chandelle et puis, la France est un excellent tremplin. On a fait pas mal de salles en France, dans le nord par exemple. Et l’année prochaine, on a entre 20 et 30 dates en France, dont Nice et Montauban.